Ko Phangan - Haad Salad Beach - Prendre le temps de…

January 26, 2018

 

 

Il a suffi de quelques pas dans le bungalow pour que je me pose la question : est-ce que Ko Phangan en vaut réellement la peine ? Les murs défraîchis, l’odeur de moisi et d’humidité, les matelas manifestement d’un autre âge… et tout ça après une interminable journée où nous avons d’abord sauté d’un longtail boat à un autre, pour ensuite et successivement prendre minivan puis bus de ligne, ferry puis re-minivan, en enfin speedboat jusqu’au port de Thongsala où la mafia des taximen a pu allègrement abuser de sa position dominante et de l’heure tardive pour faire payer au touriste crevé, lessivé, 4 fois le prix de la course jusqu’à sa terre promise : la guesthouse de bord de plage.

 

 

Nous avons fermé l’œil dans l’appréhension malgré un curry presque les pieds dans l’eau pour clôturer la journée… puis la nuit – silencieuse comme nous n’en avions pas encore connu depuis notre arrivée en Thaïlande – a fait son œuvre, le soleil s’est levé, et nous avec. Et le choc espéré s’est effectivement produit : nos premiers pas sur la plage de Haad Salad furent lents, timides et maladroit, comme si nous ne voulions pas froisser la sublime beauté du paysage qui s’étendait devant nous. Une crique de sable blanc, bordée de palmiers dont la cime ployait sous le poids des noix de coco, quelques huttes en bois posée sur le rivage, et surtout la mer, cette mer de carte postale, limpide, transparente, éblouissante de reflets bleues, verts, turquoises. 

 

 

Il ne faut certes pas se retourner de suite, et tomber le nez sur les constructions de bois et de béton qui poussent comme des champignons à flanc de colline, et comprendre qu’on n’en est qu’au début, et que l’urbanisation galopante du rivage risque de défigurer cette vision de carte postale dans un avenir bien trop proche. Peu importe, en fait, car nous ne pouvons de toute façon rien y faire, et cela ne rend l’instant que plus précieux. Puis les filles ont déjà repéré une balançoire suspendue à deux palmiers, elles y courent en riant, et elle deviendra leur lieu de pèlerinage quotidien, celui vers lequel on se retournera mille fois durant le séjour – en fait, presqu’à chaque fois qu’on les aura perdues de vue pendant un moment un peu trop long. 

 

 

 

Et Ko Phangan (ou plutôt Haad Salad, qui n’est pas exactement représentative des plages ni des populations « fullmoonpartiennes » qui foisonnent un peu partout sur l’île) s’offre à nous, et devient exactement ce que nous souhaitons en faire : un endroit où il faut se donner le temps de prendre le temps. 

 

Le temps pour Nathalie d’effectuer deux plongées dans un des plus beaux « spots » du Golfe de Thaïlande – Sailrock – et de s’adonner à se nouvelle passion : la sculpture sur sable – si on avait pu demander 10 baths à chaque fois qu’un promeneur prenait une photo de ses créations, ça nous aurait payé le séjour. 

 

 

Le temps pour les filles de jouer dans le sable, de découvrir les extravagances de la faune sous-marine – que ce soit en bord de plage, où les innombrables (et parfaitement répugnants) « concombres de mer » rivalisaient (ou pas) avec les quelques poissons colorés qui osaient passer outre la barrière de corail, ou lors d’expédition de snorkeling ou de kayak en haute mer – et de forger des amitiés éphémères ou plus solides (petite pensée pour Adrien – un autre, pas celui resté à Kin – et Alisée).

 

 

Le temps pour moi de reprendre mes marques, petit à petit, de continuer mon marathon du curry thaï, de boire trop de bières – quand une famille belge rencontre une autre famille belge sur une plage du bout du monde, c’est le premier dénominateur commun (la belotte est le second, et la Driessens Family demeure invaincue à ce jour J) – de chasser les livres et de regarder pousser les cocotiers. 

 

 

Enfin, le temps pour « la Petite Escapade » de préparer la suite de l’aventure avec confiance, enthousiasme et une pointe de fébrilité matinée d’impatience… Après 9 jours à s’être laissé vivre et porter par les vagues (malgré une météo parfois capricieuse), retour sur le continent pour une nuit à Surat Thani (ville étape qui aurait à première vue bien plus que juste cela à offrir) puis décollage ce samedi pour le Nord : Chiang Mai, Chiang Rai et dans une semaine le Laos !

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