Luang Prabang… Twist à Saint-Tropez

February 15, 2018

 

Du 5 au 10 et du 13 au 15 février

 

 

La répartition de la réalisation des comptes-rendus de notre escapade est parfois injuste : L’idée initiale était que Nath et moi nous partagions à tour de rôle la tâche, à la fois pour varier un peu le style mais aussi pour éviter que l’un de nous ne passe trop de temps devant l’écran tandis que l’autre siroterait Beerlao sur Beerlao (il s’agit donc pour chacun d’une question de santé élémentaire). Ayant détaillé notre fabuleuse croisière sur le Mekong entre la Thaïlande et notre première vraie halte laotienne – Luang Prabang – je pensais être tranquille et laisser le récit de nos 8 jours sur place à ma chère et tendre. Pas que je n’en avais pas envie, mais nous y avons fait et vu tellement de choses que je savais d’office l’exercice délicat. 

 

Mais voilà : ces 8 jours ont été entrecoupés par notre boucle de 3 jours dans le Nord, et sans particulièrement réfléchir aux conséquences, j’ai accepté de passer la main pour le récit de celle-ci (voir « Nong Khiaw et Muang Ngoy », relaté il y a peu par Nath) ; depuis lors, Nath me poursuit jours et nuits pour ce compte-rendu, et l’histoire récente démontre que lorsqu’elle souhaite ardemment quelque chose, elle finit généralement par l’avoir ^^

 

Je pourrais être bref, faire fi des détails, généraliser à l’excès en écrivant simplement que Luang Prabang, c’est la douceur de vivre au rythme que l’on se choisit, dans une espèce de quiétude contagieuse qui confinerait presqu’à l’apathie collective. 

 

Mais comme je pense qu’un certain nombre de fidèles lecteurs (hum…) ne pourraient se contenter de si peu, je vais tenter de décrire quelques-uns de mes « moments-forts » tout en laissant aux millions d’autres blogs existant sur le même thème le soin de dépeindre l’architecture coloniale, les temples, les ruelles, le marché nocturne,… Exercice ô combien ingrat, puisque je sais qu’à peine publiés, il m’en reviendra plein d’autres en tête et je ne pourrai m’empêcher (ou empêcher Nath) de penser « mais, bon dieu, comment a-t-on pu oublier de parler de ça ??? ». 

 

Tout a plutôt très mal commencé : une vague de froid et de grisaille s’est emparée du Laos (on frôle les 12 degrés…), et les deux premiers jours sont ternes, creux, tristes comme un dimanche de pluie belge. Je suis déçu de ne pas pouvoir montrer « mon » Luang Prabang à mes petites femmes, celui que j’ai visité il y a 14 ans, celui baigné de soleil, celui bercé par le Mekong, celui au mille reflets d’or et aux parfums d’antan. Il me faudra une paire de jours pour que mon moral se mette à suivre la courbe ascendante du thermomètre, une paire de jour pour un déclic, une prise de conscience tardive : ceci n’est pas juste MON voyage, accompagné cette fois par les femmes de ma vie aux humeurs et aux aspirations parfois un peu déroutantes ; non, ceci est NOTRE voyage, et tant que je ne l’envisagerai pas comme tel, je ressentirai ce petit goût amer de trop peu, cette légère frustration devant ce-qui-a-été-mais-qui-n’est-plus-pareil, ce sentiment d’avancer dans l’aventure parfois avec le frein à main. C’est dans l’atmosphère feutrée d’un Luang Prabang qui se réchauffe d’un soleil de plus en plus insistant que j’ai compris qu’il me fallait respirer autrement, à un autre rythme, à l’unisson avec mes femmes – et non tenter de le faire à leur place. C’est à Luang Prabang que j’ai finalement plongé de plein pied dans « La Petite Escapade ». 

 

A partir de là, les moments-forts ont pu se bousculer au portillon. Ils se trouvaient dans les pains au chocolat du matin, dignes de « ‘t Oude Bakkerijtje » (pour les initiés) – oui, avec la ligne de chocolat par-dessus, s’il vous plait. Ils se trouvaient dans les moments d’errance à la recherche de l’envie du moment – un resto, un smoothie, un vélo, un peu d’air. Ils se trouvaient dans les échoppes de streetfood, entre ces mini-crêpes coconut à faire trembler toute la Bretagne, ces barbecues géants où frémissaient ribs, brochettes et saucisses, ces montagnes de fruits indéfinissables, ces beignets de bananes frittes et ces donuts dont la dernière bouchée (i.e. le trou) était à chaque fois envoyée par la pensée vers Papou (qui paraît-il en raffole). Ils se trouvaient dans les rituels, les chants des moines, impassibles malgré l’afflux de touristes pas toujours respectueux. Ils se trouvaient sur le magnifique Mekong, qui, tous les soirs (en dehors des deux premiers…), accueillait dans son lit un soleil rouge comme l’œil d’un dragon. Ils se trouvaient dans les yeux de Nelle et d’Adèle, depuis les champs de riz jusqu’aux chutes vertigineuses de Kuang Si, sans oublier la fameuse Pistoche, à laquelle vont devoir se mesurer désormais tous les bassins naturels (ou non) que nous croiserons par la suite sur notre périple.

 

 Luang Prabang ne représente pas particulièrement bien le reste du pays ; ce n’est pas pour rien qu’on la surnomme « la Saint Tropez » du Laos. On y croise des voitures plus grosses qu’ailleurs, peu de poussière, peut-être un peu moins de sourires locaux. Pourtant, j’en emporterai avec moi de éclats de plein de choses. Telles des Madeleines de Proust, elles viendront j’en suis sûr me chatouiller l’esprit ça et là lors des mois à venir, pour me rappeler l’essentiel : le bonheur de l’un ne fait pas nécessairement le bonheur des autres ; le bonheur, il se construit à 4, et il est bien plus solide comme cela. 

 

 

 

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