Paksé et les 4000 Îles - Laos: Claque de Fin!

March 9, 2018

Du 25 février au 3 mars

 

Notre périple motorisé sur la boucle de Thakhek (cfr. ICI pour le magistral compte-rendu de Nathalie) a laissé plus de traces que ce que nous avions cru initialement ; et je ne parle pas ici uniquement de la croute de poussière tenace qui s’est accrochée au moindre centimètre carré à découvert de nos peaux respectives et qui mettra plusieurs jours à lâcher prise. Nous étions juste fatigués, et vu la suite du programme, nous ressentions comme un gros besoin de reposer quelques jours nos corps (et surtout nos fessiers ^^) fourbus. 

 

Nous quittons donc Thakhek un peu plus tôt que prévu pour descendre 350 kilomètres plus au Sud, à Paksé. Après un voyage en bus haut en couleur – « Regardez les filles, c’est marrant, on a roulé sur un pneu, il fait des bonds à côté de nous »… « ah non, en fait, c’est un pneu à nous… » / « Vous pensez vraiment qu’on va pouvoir asseoir plus de monde ? Non parce qu’on est déjà 68 (note de l’auteur : chiffre véridique…) dans un bus de 40 » / « Regarde comme elle est jolie la petite laotienne ! Elle nous fait plein de sourires ! »… « ah non, en fait, elle vomit » … « Mon cœur, soulève les sacs s’il te plait, elle en met partout » / « Et sinon, vous reprendriez bien un peu de canard? » /… – nous arrivons, en compagnie de nos nouveaux compagnons de route Canadiens, dans un resort grand luxe avec piscine, toboggan, golf 18 trous, que nous avons réservé pour le prix dérisoire d’une (bonne) bouchée de pain. 

 

Nous comprenons vite… l’hôtel, grand luxe, est désert. Personne, ou si peu, dans les grandes allées traversant des jardins presqu’entretenus, personne à la piscine, personne au restaurant, que l’on illumine presque chaque soir pour nous (lorsque nous décidons de ne pas descendre en ville pour le souper). Par moment, j’imagine l’œil pesant de Jack Nicholson qui jouerait dans un mauvais remake laotien de « Shining ». Bref, on en profite un peu pour recharger les batteries – un peu, mais pas trop : les laotiens du coin ayant une tendance manifeste à l’insomnie, on se réveille chaque matin avec le soleil, au son de baffles surpuissants crachant depuis le pâté de maisons adjacent des incantations étranges et des musiques erratiques. 

 

Avec le recul, il me reste donc de Paksé quelques jours de vie monotone, à préparer notre arrivée imminente au Cambodge entre 2 Beerlao (le Canadien est buveur…), à regarder les filles qui s’amusent comme des folles dans une grande piscine rien qu’à elle, et à me demander dès lors comment je vais réussir à les en extirper pour une demi-journée de bus et de bateau vers un inconnu moins excitant pour elles : Don Khone, au milieu du lieu-dit des « 4000 îles » (le Mékong fait ici plusieurs kilomètres de large, et est parsemé de manière spectaculaire de milliers de bouts de terre et de pierre plus ou moins important allant du simple rocher à l’îlot de plusieurs kilomètres carrés – d’où le nom)

 

 

Heureusement (ou non, cela dépend du point de vue…), le trajet est moins rocambolesque que le précédent, et l’endroit – malgré une légère grisaille persistante à l’arrivée – laisserait sans voix un vendeur de babouche de la Medina de Marrakech (je sais, ce n’est pas tout près, il faut faire un effort d’imagination). Nous avons opté pour une petite guesthouse à l’opposé de toutes les autres (Pomelo Guesthouse – on recommande), à l’extrême pointe sud de l’île, isolée au milieu d’un village de pêcheurs. En face, uniquement séparé par un bras du Mékong (mais un long), le Cambodge. La chambre est somptueuse, non pas de luxe – il s’agit d’un simple bungalow sur pilotis avec un grand lit, un matelas posé par terre pour les filles, 2 moustiquaires, une salle de bain sans plafond, une petite terrasse, deux fauteuils, et des trous tellement larges entre les lattes du plancher que c’est « open bar » pour toutes les bêtes petites ou grosses qui voudraient festoyer à nos dépends en pleine nuit – mais d’une atmosphère apaisante, presque mystique comme nous n’en avons pas encore connues jusqu’ici.

 

 

Les journées sur Don Khone vont s’écouler vite – trop vite. La quiétude de l’endroit, les (derniers) sourires du Laos, les scènes de vie authentiques, l’amitié naissante avec Collin, Natasha, Louna et Milo, les baignades dans un Mékong presque tiède (« normal, dirait Collin, tous les poissons pissent dedans… »), les dauphins furtifs, les passages inopinés de frontière fictive, le Laolao – non, en fait, pas le Laolao : il était coupé à l’eau du Mékong, on pouvait presque gouter la terre – toutes ces choses et bien d’autres encore laisseront en nous une marque qui restera longtemps comme un des plus jolis moments de ce début (bon, ça fait déjà deux mois tout de même…) d’escapade.

 

 

 

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