Siem Reap & Angkor - En prenant le temps!

March 10, 2018

du 4 au 10 mars 2018

 

 

Nous avons quitté le Laos discrètement… comme nous y sommes entrés, au rythme du Mékong.

Un matin, très tôt, sur une embarcation légère, avec nos amis canadiens, chargés comme des baudets, nous avons laissé notre merveilleux havre de paix, au milieu des 4000 Îles derrière nous. Un peu à regret car, comme Stéphane l’avait mentionné dans son dernier poste, nous y avons découvert un endroit hors du temps qui donne envie de s’éterniser là-bas pour toujours. Excités aussi, à l’idée de tout ce qu’a à nous offrir le territoire cambodgien, à l’évocation de ces 30 prochains jours durant lesquels on a bien du mal à caser tout ce que nous avons envie de faire !!!

 

 

 

Cette frontière que l’on nous décrivait comme horrible à franchir n’a été pour nous qu’une formalité. Pas de foule, pas de rabatteur ni de chercheur de dollars… bref – presqu’un dimanche tranquille…

Il ne nous restait plus qu’à tenir les longues heures de mini-van que nous avions devant nous, entassés les uns sur les autres, par une chaleur étouffante, avec un airco en panne. Heureusement, la route fût bonne et nous filions à toute allure vers Siem Reap, sur une nationale fraîchement inaugurée.

Jusqu’à ce que … Non ! Pas de crevaison cette fois-ci… Juste des villages que l’on commence à traverser, vite, trop vite, des dépassements qui s’effectuent de plus en plus à l’aveugle par un conducteur s’envoyant des demi bouteilles d’eau à la figure pour rester éveiller ! Stéphane, assis à « la place du mort » a vu sa vie défiler plusieurs fois, tandis qu’à l’arrière, c’est à peine si nous osions encore respirer.

Bienvenue au Cambodge !

 

Siem Reap, cela fait des semaines qu’on s’en réjouit mais que, drôle de sentiment, on la craint à la fois… pour sa chaleur (35 degrés), pour sa moiteur (80 à 90% d’humidité), pour Angkor ! Cette merveille inscrite au Patrimoine Mondiale de l’UNESCO mais, de façon unanimement reconnue par les guides comme par les familles rencontrées et qui y sont passées, « victime » de son succès. Ce succès auquel Stéphane a dû se préparer, pour ne pas être « déçu » une nouvelle fois en découvrant le « changement ».

Alors, faisons court…


Oui, le petit guichet d’entrée sur une place en terre battue à fait place à une énorme administration de 50 bureaux digne d’un contrôle douanier lors d’une arrivée sur le sol américain !

 

Oui, la dernière longue ligne droite au milieu des rizières a fait place à une allée bordée de Resort dont la taille démentielle vous fait craindre le pire !

 

Oui, on fait la queue pour entrer dans certains temples et on se bat à coup de selfie stick pour prendre la photo du plus beau coucher de soleil du monde « mais c’est nous qui la fait, c’est pas la carte postale » (nouveau clin d’œil aux fans de Bénabar… oui, je sais, je ne peux pas m’en empêcher ^^)

 

Mais OUI, il faut le voir, il faut y aller… car c’est juste WOAW – désolée je n’ai pas d’autre terme sous la main !

Si on s’est préparé à la visite, qu’on ne suit pas le train des touristes, qu’on accepte de faire « juste » l’indispensable puis de sortir un peu des sentiers battus, alors, oui, honnêtement, on reste scotché… malgré la chaleur, malgré la moiteur, malgré la foule.

 

 

On s’émerveille. Mais comment ont-ils fait ? Comment est-ce que c’est possible ? Quels outils ? Combien de temps ? « Dis maman… Tu penses que ça a pris plus longtemps que de construire le R-Hotel ??? »

 

 

On s’émeut. La beauté, l’histoire du lieu, ce qu’il en reste, la nature qui reprend ses droits, un coucher de soleil attendu plus d’une heure sur le sommet d’un temple, un lever de soleil (sous la pluie) qui ne viendra jamais… tant de choses qui donnent matière à être contemplées. Ça ne laisse pas indifférent… c’est impossible !

 

 

On rigole aussi... Les réactions des filles sont déroutantes. A tout le moins, on ne s’y attendait pas vraiment… « Alors c’est ça Angkor ? » // « Mais ils sont tout cassés tes temples, c’est nul !!! » // « Moi, j’aime pas tes temples, ils sont pas assez brillants, ils sont tout gris et dedans, y a que des fourmis ! » // …

Bon d’accord, elles n’ont pas tout à fait saisi l’importance de la chose… mais c’est pas grave… ça nous fera des choses à leur raconter… plus tard ! Puis... pour faire passer la pilule, on peut toujours chasser les bracelets sacrés! :-)

 

 

Mais peut-on limiter Siem Reap à la simple évocation des merveilleux temples d’Angkor ??? ma réponse est clairement NON… Ce serait lui faire un très mauvais procès.


D’abord parce qu’avec deux enfants, il faut composer. On n’a pas pu y consacrer autant de temps qu’on l’aurait voulu mais ce n’est pas pour autant qu’on regrette nos choix. Après tout, nous aussi, on mourrait de chaud !

 

Ensuite parce Siem Reap est une merveilleuse ville à vivre, à tout moment de la journée.

 

Le matin... avec ses ruelles désertes, vides des touristes partis vers les temples ou encore avec son marché qui s’anime de locaux s’amusant à nous voir traverser les allées étroites à la recherche de l’une ou l’autre babiole et de quelques t-shirts « frais » !

Le midi ensuite… pour un apéro low-cost aux « happy hours », celles auxquelles les restaurateurs essaient tant bien que mal de remplir quelques tables, en attendant le flux de touristes qui feront leur retour à la tombée du jour fatigués d’avoir refait à l’envi le scénario de Tomb Raider ou d’Indiana Jones sous une chape de plomb.

 

 

 

L’après-midi, pour un petit massage sur le marché de nuit qui ouvre doucement ses portes, pour lézarder à l’hôtel, tenter une sieste en attendant un peu de fraîcheur. Pour s’essayer à d’autres choses aussi ! Que ce soit à la poterie au tour pour Adèle ou la peinture sur céramique pour Nelle par exemple ! Une chouette aventure humaine au bénéfice de jeunes malentendants défavorisés… Ou encore en se rendant au « Watt-Put » un joli Mini-Golf quasi tout à l’ombre dans un jardin entretenu et … Waow !!! « brumisé »  ! Et oui, un incroyable et trépident match Canada-Belgique que nous gagnons sur le fil en remportant au passage 4 bières pour chaque Hole-In-One et un magnifique t-shirt pour avoir inscrit le 4ème meilleur score de l’histoire du parcours !

 

Le soir enfin… pour retourner sur Pub Street, cette foi devenu piéton, et se fondre (au propre comme au figuré) dans l’atmosphère festive du lieu pour un verre ou deux puis finalement un dîner (enfin un souper…). Opter un soir pour un Cambodian barbecue (équivalent du Lao Barbecue pour ceux qui suivent) et se laisser aller, en un seul soir, à la découverte de la viande de crocodile, de Kangourou et d’Autruche ! Décidément, les enfant osent tout même la « fried ice-cream »… Grande découverte cambodgienne pour nos papilles, cette glace qu’on nous fabrique minute sous nos yeux sur une plaque glacée à même la rue (ouille la dépense énergétique quand tu penses qu’il fait toujours 30 degrés à 22h00…)!!! Ca deviendra notre petit rituel…

 

 

Le soir encore pour aller au cirque, un peu « poussés » par Natasha qui en meure d’envie ! Mais pas n’importe lequel (incultes que nous sommes), une troupe de renommée internationale : Phare qui, ce soir-là, nous interpréta « Influence », un très émouvant spectacle mêlant à merveille la danse, la comédie et l’acrobatie pour nous rejouer l’histoire triste et relativement récente d’un pays qui se reconstruit toujours.

 

 

Et oui… malheureusement, Siem Reap et le Cambodge de manière générale, c’est aussi cette lourde histoire particulièrement violente encore marquée jusque sur le corps de beaucoup d’indigènes. Ces blessures qu’on voit partout, souvent exhibées pour faire la manche, qui confrontent les filles pour la première fois à « l’horreur » et qui nous forcent à devoir trouver les mots adéquats pour expliquer l’inexplicable à des enfants de 5 et (presque) 8 ans. « Mais Maman, dans un pays, les habitants doivent tous être amis et tous s’aider… » / « Mais Papa, est-ce qu’en Syrie c’est la même chose ? » / « Est-ce que ça pourrait nous arriver aussi chez nous en Belgique ? » Autant de questions auxquelles il faut répondre en essayant d’être juste, franc mais sans les traumatiser non plus.

 

Siem Reap c’est aussi et surtout notre rencontre avec Savy… choisi un peu par hasard le premier jour parmi les dizaines de Tuk-Tuk Drivers. « Tu veux bien nous accompagner au mini-golf ? » / « Tu veux bien nous attendre ? »  / « … et tiens, en fait, demain, tu fais quoi ? »

Et au fil des jours, le laisser nous accompagner dans toutes nos aventures, d’un départ pour un lever de soleil sur les temples à 4h45 à des retours fatigués, « fried ice » à la main.

C’est quand même un peu s’émouvoir de sa gentillesse envers nous et de sa bienveillance aussi : les bouteilles d’eau glacée à la sortie de chaque temple, les lingettes rafraîchissantes, les bras tendus à chaque pas hasardeux d’une des filles…

 

Et pour terminer… le dernier soir, laisser la parole à Adèle…

 « dis maman, tu crois que quand je vais revenir ici avec Alexis, Savy pourra nous conduire voir si les temples sont redevenus brillants ? »

 

 

Enfin, Siem Reap, c’est un petit (voire un grand) virage dans La Petite Escapade. C’est le moment auquel on réserve nos billets Pékin – Tokyo, en laissant définitivement et un peu à regret la Mongolie pour une prochaine fois, une autre « Escapade » mais en se réjouissant déjà de notre future aventure au pays du soleil levant !

 

 

 

 

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