Hué – Il n’y a que les imbéciles…

April 9, 2018

 

Du 7 au 09 avril 

 

3 semaines déjà. 3 semaines de retard dans nos comptes-rendus (on y travaille, promis), et Hué paraît si loin, tant de choses s’étant passées depuis lors. Après l’étape initiale de Hoi An, le Vietnam nous a embarqué dans une cadence infernale, un rythme effréné que nous ne pouvions pas ralentir tant il y a à y faire et y voir sur et en dehors des sentiers battus.

 

Si Hué s’inscrit clairement sur ceux-ci, il est à des lieues des cohues de Hoi An. Nous y avions prévu une halte de 2 jours, principalement pour découvrir les restes de l’ancienne cité impériale. Dire que l’on débordait d’enthousiasme serait un mensonge éhonté ; on avait identifié l’endroit comme une sorte d’obligation, un incontournable de la découverte de la culture et de l’histoire du Vietnam – et on était quand même un peu là pour ça... En plus, pour espérer briller un peu après Hoi An, il fallait des arguments solides que l’on n’attendait certainement pas de Hué : autant dire que c’était presque perdu d’avance.

 

Pour couronner notre présomption négative, nous arrivons sous une drache digne d’un défilé du 21 juillet. Il pleut des cordes sans discontinuer, au point de rapidement noyer les rues, l’eau nous montant à certains endroits jusqu’aux genoux. Si cela ne semble gêner en rien les locaux, qui transforment leurs vélomoteurs en hydroglisseurs pour vaquer comme si de rien n’était à leurs occupations du jour, cela mine un peu notre morale et enfonce encore un peu davantage les chances que l’on donne à l’endroit. Qu’à cela ne tienne, nous adaptons le programme, et décidons de consacrer notre première journée complète aux marchés locaux – on adore ça et on est rarement déçu.

 

Sous un ciel tellement gris et un crachin tellement épais qu’un banian aurait pu se pendre, nous traversons la Rivière des Parfums pour nous enfoncer dans le marché de jour de Dong Ba. Sans entrer dans un descriptif inutile et infaisable de tout ce qu’on y trouve, il aura eu le mérite de nous rendre très rapidement le sourire : le touriste y est rare, on en profite pour se perdre et se mêler à la foule locale dans des échanges souvent enjoués, parfois mutuellement surprenants – comme lorsque Nelle et Adèle, après une longue pause devant une dame passant le temps derrière son étalage de tasses et de cafetières à hurler de la chanson guimauve vietnamienne dans son micro karaoké, s’emparent dudit micro pour reprendre du Louane et du Kids United devant une assemblée médusée et amusée. On finit par en sortir fatigués, enroués mais remontés, et accessoirement avec de la bouffe plein les bras, les filles recevant fruits, pains au beurre et biscuits à chaque étalage après leur prestation musicale manifestement très appréciée.

 

Après un moment calme dans l’après-midi, nous décidons de partir cette fois à la découverte du marché de nuit, que la propriétaire de la guesthouse dans laquelle nous résidons nous a vendu comme une magnifique zone piétonne le long de la rivière. Une fois sur place, requinqués par la confiance emmagasinée au matin, on ne peut s’empêcher de rire : si le piétonnier est bien là, le marché se résume à quelques cabanons tout neufs rempli de souvenirs et de gadgets inutiles. Sans doute l’endroit est-il amené à se développer, mais pour l’heure, on doit traverser la moitié de la « nouvelle ville » à pied pour trouver quelque chose à se mettre sous la dent. On finit par tomber un peu par hasard sur un autre quartier fermé à la circulation, où pullulent hôtels, bars et restaurants, disco assourdissantes et vendeurs ambulants : pas notre tasse de thé, mais largement assez de choix pour y trouver chacun son compte, et on ne demandait finalement pour une fois que ça.

 

Au petit matin du lendemain, nous partons sous un soleil timide pour la visite de rigueur à la cité impériale, cumulée à quelques mausolées d’empereurs aux noms imprononçables positionnés épars en bordure de ville : toujours sans rien en attendre de particulier, mais avec cette certitude que finalement Hué nous en aura déjà donné pas mal pour notre temps. Guides et blogs nous avaient mis en garde sur l’afflux massif de visiteurs qui pouvaient nuire à la bonne appréciation des lieux : il faut croire qu’ils n’ont jamais mis un pied à Hoi An. Il y a du monde, ok, mais on est loin de la cohue, et les sites sont tellement grands et monumentaux qu’il est facile de s’y promener (et d’y perdre les siens quelques trop longs instants ^^) sans avoir une seule seconde un sentiment d’oppression (au contraire d’Angkor, par exemple…). Pour ne rien gâcher, les vestiges de la cité impériale sont toujours magnifiques ; il n’en reste plus grand-chose – principalement dû au fait que la ville de Hué se trouve sur le parallèle séparant historiquement le Vietnam du Nord et le Vietnam du Sud, et qu’il a donc fait l’objet d’un pilonnage systématique des deux camps lors de la trop récente guerre entre les deux parties et leurs alliés respectifs – mais il ne faut pas faire un effort d’imagination surhumain pour s’y projeter et en apprécier les couleurs et la grandeur passée.

 

La suite de la journée sera du même accabi : la pagode de Thien Mu, vénérée à travers tout le Vietnam, est de prime abord un bon ton en dessous. Mais ça, c’est avant d’y errer un peu et de se laisser absorber par l’atmosphère mystique qui s’en dégage sous le soleil de plus en plus vif, avec des vues imprenables sur la Rivière des Parfums et les collines qui se découpent à l’horizon. Un repas chez l’oncle du cousin du beau-frère de notre chauffeur du jour et 2 mausolées plus tard – les noms m’échappent, mais l’important n’est pas là – on se rend compte que Hué avait bien plus à offrir que ce que nous en attendions.

 

Une bien jolie pause avant de piquer en flèche vers le Nord et dans un premier temps Tam Coc – la Baie d’Halong Terrestre (compte-rendu à venir sous peu, promis…), et une confirmation d’un célèbre adage : il n’y a que les imbéciles qui ne changent pas d’avis…

 

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