Pugao - nos débuts en Chine!

May 3, 2018

du 30 avril au 3 mai

 

 

La Chine ! La Chine ! La Chine !

 

Un rêve. Un but. Un objectif.

 

On en a tellement parlé, on l’a tellement voulue, on a tellement eu peur de ne pas pouvoir y accéder et pourtant… Nous voici à 6h45, largués par un taxi à la frontière vietnamo-chinoise de Lao Caï, à entrevoir cette terre promise de l’autre côté d’un pont et à finalement attendre notre tour dans la file d’un poste douane qui semble avoir croisé ses derniers étrangers (entendez occidentaux) au siècle dernier.

 

Toujours grâce à nos précieux sésames de 5 et 8 ans, les formalités administratives sont réduites à leur plus simple expression… Finalement, la seule grosse interrogation portera sur le fichu VISA indien inutilisé de Stéphane (merci Seba ;-) hihihihi... ).

Comme escompté, nous ratons (de peu puisqu’il nous passera littéralement sous le nez) le bus qui devait nous emmener au cœur des rizières en terrasse de Yuanyang.

Patiemment, nous attendons le suivant et en profitons pour dépenser nos premiers YUAN : « Maman, Maman !!! Regarde !!! Du jus de pomme !!! » … En prendre une bonne goulée et recracher tout aussi rapidement. Ici, on met le vinaigre de pomme au frigo ! Y a pas à dire, on va avoir une sérieuse barrière linguistique.

Bienvenue en Chine !

 

Le bus démarre enfin, notre chauffeur ayant décidé d’attendre une demi-heure histoire – apparemment – de voir s’il aurait d’autres candidats au départ ! Se balader 4 heures dans la montagne pour 4 touristes dont seulement deux sont payant : très peu pour lui ! Il devra pourtant s’y faire…
Malgré l’inconfort de notre transport et probablement sous l’effet couplé d’une trop courte nuit de sommeil, d’un réveil à 5h00 du matin et du stress du passage de frontière, nous nous endormons rapidement. Trop rapidement !

Réveil brusque. Un militaire, arme au poing demande à Stéphane de sortir. Quelques secondes plus tard, il viendra me rechercher. Il s’avère que c’est un simple check-point, un contrôle d’identité de routine auquel, il est vrai, nous ne sommes pas vraiment habitués. Celui-ci durera plusieurs longues minutes en raison de la retranscription minutieuse des informations de nos passeports dans « Le Grand Registre » papier ! En patientant, je finis par tenter une photo « à découvert » que je regrette immédiatement ! 2 militaires me foncent dessus en hurlant des choses qui pour moi restent un mystère mais je suppose qu’ils ne se trouvaient pas super photogéniques… Il n’en reste pas moins que je me suis vue, une fraction de seconde, face au sol et menottes aux poings !

A peine remontés dans le bus, à peine rendormis qu’on remet déjà ça ! Cette fois, les filles s’éveillent aussi et je peux voir sur leurs visages un sentiment de crainte mêlé à une certaine stupéfaction de voir leurs parents se faire « emporter » par des militaires.

Ici, j’ai subi plus de contrôles en 1h30 qu’en 20 ans en Belgique !!!

Bienvenue en Chine ! 

 

Nous voici donc accrochés aux falaises, traversant lentement les paysages du Yunnan en constatant que, eux aussi, font face à de grands bouleversements – des centaines de kilomètres de construction d’une autoroute vertigineuse, des villages éphémères afin de loger les ouvriers, des dizaines de viaducs et presqu’autant de tunnels. C’est pharaonique, démentiel.

Bienvenue en Chine !

 

Ici, il n’est pas question de petites pauses pipi, cigarette ou encore repas pendant le parcours. Ici, on va droit au but – Xinje : le terminus.

Et pourtant… A 30 minutes de la destination… Stop ! Tout le monde descend, fermez les écoutilles ! C’est l’heure du lavage. Monsieur le chauffeur sort son passager clandestin – un poisson, enfermé dans une poubelle emplie d’eau et qui n’aura pas survécu au voyage… le massage cardiaque d’un pote monté en cours de route, ne nous le ramènera malheureusement pas. RIP l’ami !
Quand une brave dame commence à laver le bus à la brosse et à l’éponge et on comprend qu’on en a pour un moment. Stéphane en profite donc naturellement pour faire une pause toilettes… avec vue mais en équipe ! Il ne pourra pas, pas tout de suite, il n’est pas encore prêt !

Bienvenue en Chine !

 Nous arrivons enfin à Xinje, ville un peu moche accrochée à flanc de montagne. Notre escale sera incroyablement brève puisqu’ici, c’est Belinda qui nous sortira du bus pour nous mettre illico dans son minivan ; on paie trop, on le sait, mais on n’a pas vraiment le choix… Il n’y a qu’elle pour nous mener à Yuanyang et plus précisément au hameau de Pugao situé à 40 minutes de là !
Après avoir vu nos vies défiler sur cette route pavée, après de très jolis paysages prometteurs sous un soleil éclatant, après un dernier effort pédestre sous une chape de plomb, nous arrivons enfin au « Havre de Paix » - en français dans le texte – notre auberge pour 3 nuits.

Pugao, hameau perdu au milieu de splendides rizières en terrasse. Petit village de 800 âmes, perché à 1900 mètres d’altitude et bénéficiant d’un climat privilégié.

Ici, c’est la Chine profonde : celle où se côtoient les minorités, les propriétaires d’auberges, les paysans, les touristes perdus, les buffles, les poules et les cochons. Celle où on ne parle pas un mot d’anglais, où les restaurants ne proposent pas de carte mais ouvrent leurs frigos généreusement remplis des provisions amassées lors d’une sortie « achat » qui leur prendra une journée. « Pointer, c’est jouer » ! Une fois les aliments de base choisis, ils arriveront sur la table cuisinés à leur façon. Force est de constater qu’on est plutôt bons joueurs ! On se régalera des simples tomates aux œufs, d’aubergines et de haricots juste saisis dans une sauce aux huitres, de bœuf aux oignons, de poulet aux cacahuètes et bien sûr … de riz ! Ce riz qu’Adèle a de plus en plus de mal à voir en peinture ! 

Bienvenue en Chine !

 

 Ici, pas de taxi, pas de bus, seulement des mini-vans sur lesquels il faut compter pour aller d’un point de vue à un autre. Il faut se poser le long de la route, lever le bras et attendre. Attendre qu’un chauffeur veuille bien s’arrêter, attendre qu’il comprenne ce qu’on attend de lui, attendre qu’il prenne le temps de la réflexion et enfin… dans notre cas… attendre le suivant ! Trop loin… trop tard… trop nombreux… on ne le saura jamais mais on aura raté ce qui devait être un des plus beaux couchers de soleil de notre vie (le lecteur averti nous fera remarquer que nous en avons déjà eu pas mal depuis le début de l’escapade et que nous devenons franchement difficiles…). Toujours est-il qu’il n’y aura pas de séance de rattrapage puisque ce génial et chaud microclimat aura attendu la venue des belges pour connaître une sérieuse défaillance ! Nous passerons notre deuxième journée complète enfermés dans la chambre à attendre une accalmie à cette « drache » digne d’un 21 juillet chez nous. On a la tête dans les nuages mais ils sont tout gris et tout mouillés !

Bienvenue en Chine !

 

Ici, finalement, on prend le temps de s’adapter, de s’acclimater en douceur, de découvrir cet autre monde, car c’est bien de cela qu’il s’agit. Nous sommes en Chine pour 30 jours et en seulement 3, on a compris que les règles du jeu étaient complètement différentes de ce que nous avions pu connaître jusqu’ici, et qu’elle n’avait pas fini de nous surprendre, sans doute jusqu’au tout dernier moment.

Nous bousculer, nous amuser, nous inquiéter, nous choquer...

 

N’est-ce pas pour tout cela que nous sommes venus, finalement ?

 

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