Catba pas du tout!

April 22, 2018

 

 

Du 19 au 22 avril

 

Dans une escapade comme la nôtre, on ne peut pas toujours miser sur le bon cheval. Et si Hanoi avait l’allure d’un cheval de trait robuste et fier, si la Baie d’Halong tenait davantage de l’étalon andalous, alors on pourrait sans trop exagérer comparer Catba Ville au vieux canasson malade oublié au fond de l’écurie. Une précision tout de même : j’insiste sur « Ville », je ne condamne pas toute l’île…

 

Vendue comme une merveille naturelle, véritable porte d’entrée de la magnifique baie d’Halong dont elle en est en fait l’ile la plus imposante – et la plus proche du continent, puisqu’une simple traversée de 5 minutes en ferry permet de la rejoindre – Catba n’est surtout aujourd’hui qu’un gigantesque chantier disputé par une poignée d’investisseurs chinois et vietnamiens occupés à la démembrer / défigurer / démolir (biffer les mentions inutiles) à grands coups de projets grotesques, hallucinants, pharaoniques.

 

 La ville résonne depuis l’aube jusque tard dans la nuit du bruit assourdissant des marteaux-piqueurs qui creusent le rocher pour y encastrer une nouvelle tour de béton, du cisaillement infernal des scies circulaires (ou bien serait-ce des disqueuses ? Laurent ? ;-)) qui taillent le pavé, du vrombissement de moteurs à l’agonie lorsque défilent dans les ruelles étouffées de poussières et de résidus de chantiers des camions centenaires qui ne s’inquiètent absolument pas du chaland qui n’a pas d’autre choix que de marcher sur la route – c’est que les trottoirs sont un peu encombrés – pour tenter de rejoindre l’artère principale, face à la mer (merci Calo… Je laisse à Nathalie les références à Bénabar…).

 

Première halte depuis que nos amis parisiens – Laurent, Manu et Loïse – sont venus nous rejoindre, j’ai l’impression de les plonger droit en enfer. Ils découvrent un Vietnam que je ne reconnais pas, une vision d’apocalypse comme seule Sihanoukville (cfr. le compte-rendu de Koh Rong Sanloem au Cambodge) avait pu nous en proposer une jusqu’ici ; mais cette fois-là sans conséquence, puisque nous n’y étions que de passage. Ici, c’est différent : 3 jours à tenir. A côté de cela, l’hôtel réservé n’est pas prêt, on nous case dans un autre – supérieur selon les propriétaires – qui pue et suinte l’humidité jusque dans les draps de lit. Je reste là, abasourdi (autant qu’assourdi d’ailleurs), au milieu du chaos, ayant du mal à réfléchir à comment sauver les meubles ; ayant du mal à réfléchir tout court.

 

Heureusement, l’effet de groupe fait rapidement fonctionner sa magie. Nous nous réconfortons dans les fontaines de bière locale (3 litres pour 3 euros au Beer Club, on recommande tant pour la bière, que pour la musique psychédélique et les fous-rires avec les serveurs), dans les fruits de mer et la gastronomie locale (le restaurant « Yummy », à 2 pas de l’hôtel, restera une sacrée référence, avec les meilleurs coquillages de la ville – certitude établie bien que nous n’ayons osé essayer nulle part ailleurs).

 Les quelques activités « hors ville » sont sympathiques : escalade pour moi en pleine mer au milieu des pics karstiques de la baie (juste dérangé par les « party boats » qui passent et repassent avec leurs lots de touristes vietnamiens imbibés d’alcool et de techno improbable), balade en bateau et kayak pour les autres, puis randonnée tous ensemble dans le parc naturel, visite du vieux fort,… On passe le temps pour tromper l’effroi, et on s’en sort plutôt bien.

 

 On quitte Catba avec un paquet d’arrière-pensées mais sans finalement avoir trop l’impression d’avoir perdu notre temps – 3 jours qui, lorsqu’on voyage 7 mois, ne sont pas la baie (d’Halong) à boire, mais pour nos amis français qui n’ont que 2 semaines, auraient pu avoir un sérieux goût amer (qu’on voit danser) (ok, je sors). Il n’empêche, dans le bus qui nous ramène vers Hanoi pour une nuit juste avant de piquer au Nord et découvrir la région de Ha Giang, je prie tous les dieux du coin de rapidement retrouver ce Vietnam dont je suis tombé amoureux, ce Vietnam que je comptais faire découvrir à nos amis, et qui vient de nous jouer un tour dont je me serais personnellement bien passé…

 

Plus de photos? RDV sur notre page Facebook - La Petite Escapade. 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Vous pourriez aussi aimer...

L'Allemand qui Parlait à l'Oreille des Pigeons

September 26, 2018

Singapour - La Fierté du Père!

July 26, 2018

1/15
Please reload

DSC00367
fb5f8458-ebea-44a8-98f8-cd2b56284e9c
DSC09891
IMG_1793
DSC08439
DSC07864
DSC07593
DSC06796
DSC06863
IMG_8396
DSC06652
DSC06565
d7dac7fc-8178-4e26-8130-083444a3fca7
DSC05203
IMG_4614
DSC04002
DSC03960
DSC00305

© 2018 by La Petite Escapade