Dali - Pavés, Cailloux et Panda Roux!

May 10, 2018

Du 07 au 10 mai

 

 

 

Le train qui nous mène à Dali s’arrête dans la gare sans relief d’un quartier gris et sans saveur. Quelques gouttes tombent d’un ciel hésitant ; nous nous demandons si nous ne nous sommes pas trompé d’arrêt. Pourtant, et comme souvent depuis qu’on est en arrivé Chine, les premières impressions sont trompeuses : si la nouvelle ville s’étend comme une coulée de béton autour du lac Erhai, la vieille cité que l’on rejoint après une vingtaine de minutes de taxi semble protégée par d’invisibles remparts et séduit dès qu’on y pénètre par ses ruelles proprettes et colorées, son ambiance sereine et ses effluves de viande grillée.

 

 Si vous lisez trop attentivement guides et blogs, vous retiendrez surtout les avertissements un peu dissuasifs arguant que Dali, c’est un premier aperçu du tourisme de masse à la chinoise, celui que nous ne manquerons en théorie pas de déguster lors de certaines de nos prochaines étapes (Lijiang, Xi’an,…) ; peut-être que leurs auteurs n’ont jamais vraiment quitté les deux ou trois principales rues piétonnes qui, avec leurs magasins de souvenirs à perte de vue et leurs petits pavés trop propres pour être honnêtes, pourraient effectivement passer pour la version orientale du Mainstreet de Disneyland Paris. Ce qui ne nous poserait en fait pas un vrai problème, puisque nous adorons Mickey.

 

Non ; le véritable intérêt de Dali est justement de quitter ses sentiers trop battus, partir se perdre dans ses parallèles et ses perpendiculaires, toutes ces ruelles bigarrées qui s’alignent, se croisent, s’évitent pour se rejoindre un peu plus loin. La « masse » de touristes tant attendue s’y dissipe comme de la vapeur d’eau, et rapidement on se retrouve, seuls ou presque, à se demander où l’on va sans savoir trop quoi répondre mais à y aller quand même.

 

Bientôt, nous errons donc sans but véritable, profitant de ce que ces quartiers oubliés ont à nous offrir. Au détour d’une impasse, nous pénétrons dans le presbytère d’une église inattendue, où nous échangeons quelques politesses et une tasse de thé avec le curé de la paroisse, fier de nous baragouiner trois mots d’un français de vache yunnanaise. Un peu plus loin, nous observons une sortie d’école, recevant au passage autant de sourires et de « hello » qu’il y a d’enfants. En fins et curieux gastronomes, nous étudions attentivement chaque gargote ou cuisine ouverte sur la rue et dressons les plans pour les repas du jour et ceux des prochains. Bref, nous passons une journée complète à quadriller la ville en prenant notre temps et sans jamais avoir l’impression de le perdre.

 

Mais venir à Dali et se limiter à la vieille ville serait dommage. Lors de nos errances à Kunming, un expat français nous parle de la Ceinture de Jade, un chemin de pierre planté à 2600 mètres d’altitude qui surplombe sur plus d’une douzaine de kilomètres la ville et ses environs, offrant régulièrement des panoramas à couper le souffle.

 

 

Comme on a décidé depuis pas mal de temps de suivre les bons plans récoltés au gré des rencontres, un long télésiège nous emmène donc au petit matin de notre seconde journée jusqu’au « Zhonghe Temple », un temple taoïste tout mignonet et très photogénique, d’où la balade peut commencer.

 

Le chemin suit paisiblement la ligne de montagne, coupant au travers de falaises parfois vertigineuses mais complètement sécurisées et forêts denses peuplées de quelques pandas roux (ils sont manifestement plutôt timides, pas d’emballement). 12 kilomètres d’efforts tranquilles et de quiétude, à admirer les sommets de 4000 mètres jouant à cache-cache derrière quelques nuages gris-blancs, ainsi que les vues effectivement très jolies sur la ville en contrebas, le lac, et l’ensemble des chantiers en cours dans le coin – on est en Chine, tout de même ! Et s’il est vrai qu’à l’approche du téléphérique de Gantong, tout en fin de parcours, les touristes chinois équipés comme s’ils partaient en week-end à Zuydcoote (spéciale dédicace Granny) se font de plus en en plus nombreux (rendant l’environnement tout de suite bien plus bruyant…), on reste loin de l’effervescence des artères principales de la ville.

 

Nous finissons par redescendre sur Dali, fourbus, ravis et affamés. Une fois n’est pas coutume, c’est avec de gigantesques hamburgers expressément revendiqués par les filles que nous nous remettons des efforts de la journée – il faut dire que la quête (presque) désespérée du panda roux les aura maintenues d’aplomb durant toute la balade, et qu’en mauvais parents que nous sommes, nous avons un peu abusé de la situation pour faire naître dans leur imaginaire respectif l’ombre furtive d’une queue dans un bosquet. Un hamburger à Dali, la ville des Hot Pots, des fondues chinoises, des pierrades et des grillades (entre autres choses), c’est sacrilège, mais sans doute le prix à payer pour laver notre conscience d’un pieu mensonge...

 

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