Jianshui – ça suffit on rentre!

May 5, 2018

Du 03 au 05 mai.

 

 

… non, c’est une blague ! Mais là, j’avoue que l’espace d’une soirée et d’une nuit… ça m’a traversé l’esprit… Peut-être pas de rentrer… mais en tous les cas de quitter la Chine… au plus vite !

Puis j’ai eu la présence d’esprit (et la grande sagesse, n’ayons pas peur de s’auto-complimenter de temps en temps) de faire part de mon désarroi, de mon ras-le-bol galopant à Stéphane… On a rationnalisé ou plutôt relativisé ensemble et le résultat est là : on est aujourd’hui le 16 mai et on est toujours là, absolument pas pressé de partir et même extrêmement désabusé d’être déjà à plus de la moitié de notre escapade chinoise…

 

Mais ??? comment ai-je pu en arriver là ???

Comme souvent lorsque je vous relate une expérience (et vous commencez à en avoir l’habitude), tout débute par le récit du voyage – entendez le trajet.

Et bien, ce poste ne dérogera pas à la règle. Si je ne suis pas peu mécontente de quitter Pugao, son épais brouillard qui s’est levé et sa pluie incessante depuis un peu plus de 36h, je vais méchamment déchanter en montant dans le bus. M’empressant de « bloquer » 4 sièges proches le plus vite possible, je suis encore loin de me rendre compte que le chauffeur ne l’entendra pas de cette oreille. Ici, pas de place assise pour les « babies », même si l’un deux fait 1m35 et 27 kg, même si leur père a, tant bien que mal, tenté de leur acheter une place au plein tarif ! Rien à faire : ce sera sur les genoux des parents ! C’est donc parti pour plus de 3 heures sur une route de montagne tortueuse complètement défoncée, nos « babies » sur les genoux et 6 chinois dont je peux encore sentir le souffle dans ma nuque qui ne se sont plus vus depuis 7-8 ans minimum, rotant, pétant, crachant à qui mieux mieux (je vous laisse imaginer le tableau)… Arriver en gare des bus, j’étais genre « bouillante », prête à bouffer le premier qui viendrait en rajouter une couche…

 

 Et la couche… et bien… elle est là… et elle est plutôt humide ! Mais où est le soleil que nos appli météo nous annonçait ? Ben … « pas là »… – Merci Vianney !

On ère donc dans la pluie avant de décider de nous réchauffer au coin d’un Big Mac bien mérité. On est fou, on en rajoute même un deuxième et on couronne le tout sur un Mac Flury tellement énorme qu’il finit par nous écœurer… Le Mac Do le plus cher de notre vie ! Mais on s’en fout, la pluie redouble. Alors M**** !!! , c’en est fini des découvertes pittoresques, de la vie des minorités et de tout le tralala ! On fonce au Walmart* qui, à grand coup d’air conditionné et de jolies couleurs de vitrine et autres plaines de jeux, nous fera oublier qu’il fait triste dehors et que les chinois peuvent être « irritants » au possible.

Et ça marche… on oublie… un peu… grâce aux éclats de rire des filles qui découvrent la réalité virtuelle et tout ce que l’autre Chine, moderne, hyper-connectée, peut leur offrir... (Voir la vidéo ci-dessous) 

 

 

L’heure fatidique approche… le dur retour à la réalité ! Il faut ressortir… Niveau météo, ce n’est pas beaucoup mieux mais, les molécules euphorisantes du Big Mac font toujours de l’effet ! Je suis même presque contente de pouvoir faire des photos sans personne dessus !!!

 

 

Hélas… ça ne sera que de courte durée… je prends la couche suivante comme un coup de poing dans l’estomac… Cette dernière est grasse au possible ! Le seul resto où on semble baragouiner quatre mots d’anglais, qui va jusqu’à te proposer un semblant de menu dans la langue de Shakespeare, celui qui te propose un cadre « pittoresque » version traditionnelle (et les prix qui vont avec) te sert de la merde… Et, d’un commun accord, c’est la première fois que ça nous arrive. Tout baigne dans l’huile, c’est immangeable.

 

Je crois que c’est à cet instant précis que je perds le peu de rationalité qu’il me reste. Je veux un avion. Je veux rentrer. Je veux mon lit. Je veux mes amis. Je veux un spaghetti.

C’est la faute à tout le monde, c’est la faute à personne - C’est un moment « down ».

Il faut dormir alors rentrons à l’hôtel… avant les larmes.

 

De retour chez nos hôtes, nous étions enfin attendus par une couche douce comme le goût de ce thé noir, délicieusement chaud et préparé avec toute l’attention que nécessite le rituel du partage de ce breuvage. Nos charmants hôtes tenaient à nous offrir ce moment hors du temps autour d’une discussion ou personne ne parle la langue de l’autre et où aucune langue commune ne peut nous mettre d’accord. C’était eux et nous et la magie des traducteurs instantanés (dieu bénisse google… et le VPN).

C’est la gentillesse de nos hôtes qui m’a remise en selle, une larme à l’œil et ayant tout le mal du monde à quitter mon canapé feutré après mon 15ème bol de thé.

 

C’est cette couche de douceur qui m’a fait entrevoir la timide éclaircie du lendemain. La journée allait être belle, j’en étais sûre… Et elle le fut : du petit déjeuner improbable dans une gargote ou tout le monde s’est régalé au barbecue de rue en soirée en passant par la visite des merveilleux jardins de la famille Zhu, du temple de Confucius ou encore des 3 litres de thé ingurgités lors d’une nouvelle invitation incongrue. Mais cette fois cela se passe au beau milieu d’un magasin de porcelaines, attablés avec 4 chinois ne nous adressant pas le moindre mot mais semblant fiers de nous avoir à leur table. On aurait accepté leur cigarette que leur bonheur aurait été complet !

 

Je pense encore au professeur d’anglais ivre mort et saoulant ses élèves à coup d’alcool à 52° (je vois bien ça chez nous tiens) voulant nous offrir à manger si on accepte d'aider ses élèves à pratiquer…
Je repense à la vendeuse de smartphone ennuyée de ne pas parvenir à m’aider comme je le voudrais et étant prête à aller jusqu’à m’accompagner chez China Mobile après son travail, à ce vendeur ambulant offrant un stylo à Adèle…

Je pense à tous ces gens différents mais tellement bienveillants qui me font regretter mes envies d’abandon et qui me font dire que cette Chine-là… elle mérite bien qu’on s’y attarde…

 

 

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