Kunming - L'inattendue

May 7, 2018

Du 05 au 07 mai

 

 

On nous l’avait vendue comme l’enfer, notre première très grosse ville chinoise. Ville de transit, passage presqu’obligé pour continuer notre route vers le nord, on a tout de même persisté dans le mode de fonctionnement qui est le nôtre depuis le début : tant que faire se peut, on évite 2 jours de trajets d’affilée. Ceux-ci sont parfois comiques, souvent instructifs, mais rarement conforts et toujours fatigants. Donc, nous nous préparions à passer 2 nuits de calvaire ou presque, les yeux fixés sur nos prochaines destinations, bien plus attractives de prime abord et surtout beaucoup plus attendues (Nath me parle de Shaxi tous les jours depuis 6 mois, afin d’être sûre que je l’ai bien calé dans l’itinéraire et que surtout je n’y touche pas !).

 

Comme pour mettre toutes les chances de notre côté afin d’éviter une démission des filles, nous avions décidé de faire un peu exploser le budget « logement » pour un bel hôtel avec piscine intérieure, mais, pas fou non plus, juste à côté de la gare au cas où une fuite serait nécessaire.

 

A la sortie de la gare, les aprioris se confirment un peu : des gros buildings presqu’à perte de vue, des militaires mitraillette au poing à chaque croisement proche – il faut dire qu’un attentat commis par des indépendantistes dont j’ai oublié les origines et les revendications avait fait un beau carton dans cette même gare il y a une poignée d’années.

 

L’hôtel est visible depuis la rue, nous décidons de faire abstraction du classique taxi pour marcher jusque-là, petit quart d’heure sportif avec tous nos sacs sur le dos pour appréhender physiquement ce qui nous attendait.

 

Première surprise : l’avenue principale (celle quittant la gare) est nette et sans bavure : 6 ou 8 bandes, une circulation raisonnable et disciplinée, pas de coups de klaxon intempestifs, pas ou peu de vélomoteurs et véhicules majoritairement électriques. D’ailleurs, on se rend vite compte de la qualité de l’air : on est peut-être à 2000m d’altitude, mais vu la taille de la ville – presque 7 millions d’habitant tout de même – on s’attendait à quelques désagréments à ce niveau. Que nenni !

 

Après une baignade dans une piscine à 18 degrés (l’avantage, c’est que les filles ne se battront pas pour y rester très longtemps), nous nous enfonçons de l’autre côté de la ville en taxi – électrique – afin de trouver un endroit où manger. Toujours un peu craintif sur cet aspect de notre voyage en Chine (ça nous est désormais complètement passé ^^), nous atterrissons dans un quartier susceptible de convenir à tout le monde. Seconde surprise : Kunming qu’on nous vendait austère, Kunming qu’on nous vendait sans saveur, eh bien Kunming brille de mille feux une fois la nuit tombée, Kunming propose ses petites rues dignes de SoHo (ok, ça fait longtemps que je n’y suis pas aller), branchées, bar et restos de toutes sortes, sushis, pizzas, local food à deux sous, de quoi ravir les yeux et les papilles de tout le monde.

 

Le lendemain, tandis que tout le monde (guides, blogs, touristes de passage… ) nous vente la magnifique forêt de karst de Shilin, à presque 2 heures de là (oubliant de mentionner les 8 millions de touristes locaux annuels qui ne manquent pas de ternir un peu le tableau), nous décidons de donner une chance à Kunming, sur base de notre ressenti de la veille.

 

Et on ne s’est pas trompé.

 

Après la visite éclair du très beau temple des bambous au matin, un havre de paix à quelques lacets du centre, nous redescendons en bus (électrique) dans le quartier de la veille au soir, point de départ pour une de ces promenades contemplatives dont nous sommes devenus experts et friands au fil de ces mois d’escapade. Nous arrivons au Green Lake Park, planté au milieu de la ville près de l’Université du Yunnan et de quartiers résidentiels plutôt chics. Après une balade en pédalo rudimentaire, nous poursuivons nos investigations plus avant, attirés que nous sommes par un tintamarre inaudible provenant du centre du parc.

 

Il faut comprendre que ledit parc est en fait un grand étang sur lequel sont reliés les uns aux autres de multiples îlots où – sans doute parce que c’est dimanche – groupes de danse folklorique, musiciens exotiques, aficionados de techno chinoise ou disciples de Remy Bricka se disputent l’espace physique et sonore à grands renforts de chorégraphies plus ou moins suivies et de décibels crachés par des baffles de fortune. Il ne faut pas 10 secondes pour perdre Nelle, embarquée de son plein gré dans une gigantesque farandole haute en couleur ; il faudra en revanche beaucoup plus de temps pour la récupérer...

 

 

Nous poursuivons nos déambulations quelques heures encore, sans voir le temps passer, signe évident que nous sommes désormais sous le charme ; un charme qu’il faut aller chercher, un charme qui tient peut-être un peu de la chance – le parc est-il aussi vivant les autres jours de la semaine ? – mais peu importe. Kunming nous a séduit, parce que Kunming nous a surpris. D’autres que nous attendions bien davantage ne s’en sont pas aussi bien sorties…

 

Le lendemain, nous prenons de bonne heure le train pour Dali ; et cette gare qui tenait de la zone de guerre à notre arrivée devient d’un coup un grand hall hospitalier, remplis de sourires et de gestes attentifs pour nous indiquer le chemin sur les multiples quais…

 

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