Lijiang - aux portes du Tibet

May 18, 2018

Du 15 au 18 mai

 

 

Nous avons donc quitté Shaxi mais tout doucement… En profitant d’un long petit-déjeuner au soleil, sur la place qui est quasiment devenue notre QG puis en rentrant traîner à l’hôtel en attendant notre taxi.

Nous avons quitté Shaxi en entendant les filles répéter inlassablement « à bientôt Shaxi, on te promet, on reviendra... »

Lijiang a la pression, la lourde mission de nous plaire après la semaine merveilleuse que nous venons de passer.

 

Et voilà qu’après seulement quelques minutes de trajet, apparait devant nous, au loin, au très loin, quelques pics enneigés ! Malgré le fait que nous vivons au-delà des 2000 mètres depuis quasiment 15 jours, l’excitation monte d’un cran… Ca fait tellement longtemps qu’on n’a pas vu la neige (pour certaines), ça fait une éternité qu’on n’a pas vu la montagne, la vraie (pour un autre) ! Notre chauffeur ne parle pas un mot d’anglais mais capte l’engouement et ne tarde pas à poser un diagnostic sans appel : "Lijiang!"

 

Cette étape s’annonce donc finalement très bien. Tellement bien qu’on oublie très vite les mises en garde reçues par un gentil couple de français avec qui nous avons partagé une soirée : « Lijiang, c’est bien mais pas trop longtemps, c’est tellement surfait »

Au diable les artifices, il y a la montagne, la Haute avec un grand H comme à Himalaya ! On ne sera jamais aussi proches du Tibet, nous frappons carrément à sa porte – entre frustration et excitation.

 

Nous arrivons à Lijiang reposés, heureux mais surtout pressés de déposer nos sacs pour enfin explorer la ville à la recherche de vues imprenables sur ces pics qui sont devenus de plus en plus gros au fur et à mesure que nous approchions… C’est que ça culmine à 5500 mètres par ici…

Très vite, nous découvrons une magnifique ville piétonne faite de ruelles tortueuses et de cours d’eau, entre vieilles pierres et bois nobles ; une ville parsemée de fleurs accrochées aux façades, toutes les unes plus belles que les autres. On comprend vite qu’on pourrait s’y perdre pendant des heures, peut-être des jours.

 

Et notre première journée se passe ainsi, en déambulant aux quatre coins de la vieille ville, charmés mais pas encore totalement envoûtés et commençant à comprendre avec l’heure qui avance les recommandations des voyageurs qui, avant nous, sont venus à Lijiang… plus on progresse vers le centre névralgique plus les jolies façades de bois sont ouvertes sur de très (trop ?) nombreuses boutiques à souvenirs, des bars, des glaceries, des vendeurs de « flowers cakes » ou de Djembés et tous les 200 mètres, les mêmes devantures reviennent avec les mêmes produits, les mêmes goûts, les mêmes couleurs, les mêmes prix…

 

Il va falloir quitter le centre, filer vers d’autres choses sous peine de faire une overdose, s’en aller plus loin que les étangs du parc du Dragon Noir dans lesquels se reflètent magnifiquement les pics enneigés.

 

 Il va falloir prendre la route et tenter… la Blue Moon Valley.

Si sur la route, notre chauffeur voudrait que l’on s’arrête dans le village traditionnel de Baisha, qui suite à la lecture de certains blogs, est un « incontournable lieu authentique dépourvu de touristes », nous décidons de le fuir au plus vite. « Time Flies » comme dit l’adage et le village traditionnel a depuis lors fait de place pour de grands parkings, d’énormes parkings afin d’y caser les nombreux cars qui font halte là, chaque matin, avant de partir vers la vallée turquoise vers laquelle nous filons, histoire d’y arriver avant eux et pouvoir, qui sait, profiter de la nature au calme.

 

La route pour y arriver est tellement belle qu’elle nous fait oublier la vision d’horreur de ces cars tous prêts à l’emprunter. Nous ne cessons de monter jusqu’à arriver à 3000 mètres d’altitude, là où se trouve le point de départ des balades dans la vallée.

Ici, tout nous rappelle que nous ne sommes pas « la cible ». La majorité (la totalité ?) des touristes présents sont chinois et n’ont clairement pas les mêmes besoins que nous.

Ici, après un enième guichet de paiement, on nous parque dans un bus, direction 3200.

Au bas de ce bus, on nous dirige vers un nouveau guichet avec l’option promène-couillons* ou bien téléphérique… C’est qu’il ne faudrait pas trop marcher non plus…

ils ont donc construit des routes bien goudronnées, bien asphaltées pour mieux les Chinois promener. Nous décidons de marcher, l’option la moins chère finalement, un peu forcés par Adèle qui ressent les premiers signes du mal d’altitude.

 

La balade au bord des lacs turquoises est très belle mais il faut faire abstraction des centaines de touristes locaux qu’on débarque de leur voiturette électrique pour les poser de « point show » en « point show » sur un plancher en tek bien lisse, bien net, annihilant tout risque de chute, permettant de venir à la montagne en talons s’il le faut afin d’être la plus belle pour prendre LA photo « pieds-dans-l’eau-moi-aussi-j’y-étais »…

 

On s’amusera un moment de la présence de tous ces photographes professionnels stigmatisés à la cool et hurlant au travers de leurs gueulophones, leurs ordres à des jeunes mariés complètement angoissés à l’idée de rater le sourire de leur vie !

 

Nous prenons tout ce qui est à prendre : au-delà des lacs qui sont vraiment magnifiques, nous profitons des chutes d’eau à moitié artificielles posées-là pour magnifier l’expérience de ce peuple décidément bien différent de nous. Le summum de l’expérience humaine est encore à venir ! Lorsqu’il nous faudra redescendre vers la base, en bus… Lorsque nous nous rendrons compte qu’il nous faudra approximativement attendre le 10ème bus pour rentrer et lorsque nos filles se mettront à jouer des coudes pour la première fois, choquées que des adultes puissent aller jusqu’à les bousculer pour gagner deux places dans une file.

 

 

 

Malgré tout, et il ne faut pas s’y tromper, nous avons apprécié notre pause dans l’Eurodisney du Yunnan avec ses 8.000.000 de touristes par an !

Lijiang est belle, Lijiang est calme, Lijiang est dépaysante mais pour la première fois, alors que nous y avons déjà été maintes fois confrontés, je m’interroge sur le rôle à jouer de l’UNESCO, véritable sponsors de nombreux hauts lieux touristiques asiatiques, face aux nombreuses dérives induites par le tourisme de masse qu’elle a, en grande partie, financé ! Le parrainage de l'UNESCO est-il a long terme, une bénédiction ou une malédiction?

 

(*) promène-couillons : n.m. qui, depuis un séjour à Peisey-Valendry (Alpes Françaises), désigne dans le vocabulaire Driessens-Tramonte, un engin motorisé utilisé pour véhiculer des touristes paresseux d’un point A à un point B qu’ils auraient pu aisément rejoindre à pieds! ;-)

 

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