Kawaguchi-ko – Une Vision Fuji-tive

June 7, 2018

Du 05 au 07 Juin. 

 

 

A une grosse heure de Tokyo s’élève le point culminant et symbole intemporel du japon : le majestueux Mont Fuji. Étape obligée de tout périple sur l’archipel, il s’observe – parfois même depuis la Skytower de Tokyo, mais uniquement par temps clair –, se contemple – principalement depuis l’un des lacs baignant sa base et dans lesquels, par temps clair, il se reflète dans mille éclats scintillants – voire se grimpe – lorsque les conditions le permettent, donc bien évidemment par temps clair, parce que ce n’est (paraît-il) pas qu’une simple course de fond.

 

Vu la configuration de notre petite escapade, j’avais, tandis que je préparais consciencieusement notre itinéraire, enterré timidement toute velléité d’ascension – clairement peu compatible avec l’expérience familiale ainsi que la fenêtre d’une seule journée complète octroyée à l’endroit. Et le petit espoir que j’avais tout de même en posant le pied sur le sol nippon a rapidement disparu, tué dans l’œuf par une météo que l’on nous prédisait cataclysmique.

 

Parce que du temps clair, condition nécessaire et presque suffisante quelle que soit l’ambition de la découverte (observation, contemplation ou ascension), on n’en a pas eu. Ou si peu.

 

A peine les sacs posés dans notre auberge de Kawaguchi-ko (village bordant l’un des lacs du coin – maisons en tôles et routes en bitume tout neuf, aucun intérêt en dehors de la vue qu’il offre), Nelle et moi comptons profiter du temps gris mais sec de l’après-midi, marcher jusqu’au lac, le contourner jusqu’au petit téléphérique amenant jusqu’à un point de vue « imprenable », et admirer ce que la grisaille allait nous permettre d’admirer ; Nathalie et Adèle décident quant à elles de s’octroyer un moment de repos afin de se remettre des efforts de Tokyo, repoussant la contemplation au lendemain.

 

Nous démarrons donc tous deux, main dans la main et cœurs vaillants, pour une promenade père-fille que nous ne regretterons pas une seconde. Non seulement parce que ces moments plus calmes et intimes partagés juste entre Nath ou moi et l’une des filles sont rares et précieux, disséminés ça et là en fonction des opportunités offertes par notre périple, mais surtout parce que le ciel semble nous avoir attendus, au sommet du téléphérique, pour se déchirer et nous offrir en récompense une vision fugitive mais inoubliable de l’éblouissante montagne. Nous multiplions les clichés, Nelle amusée et moi médusé, sous un soleil qui prend l’ascendant l’espace d’un temps, courte accalmie lumineuse à jamais figée dans mon esprit.

 

Parce qu’il faut le voir pour se rendre compte à quel point le Mont Fuji est différent, sans équivalent ; et pourtant, j’en ai vu, des montagnes. Il s’élève graduellement, en pente douce depuis sa base presqu’au niveau de la mer si proche, pour culminer à près de 3800 mètres sur un large plateau nappé de glace et de neiges éternelles, avant de redescendre toujours aussi paisiblement, presque mollement, jusqu’au sol ; comme une excroissance magnifique, une anomalie géologique, symbiote gigantesque accroché à son hôte par des racines de roches enchevêtrées et de lave centenaire. Ses alentours à peine accidentés lui donnent une sorte de grandeur, une royale majesté tandis qu’il domine, souvent affable mais parfois menaçant, en fonction des humeurs du ciel.

 

 La pluie est arrivée tandis que nous redescendions vers notre camp de base, afin de tenter d’exprimer l’inexprimable à celles qui avaient préféré le repos. La pluie est arrivée, et elle n’a jamais faibli – ni le soir, ni la nuit, ni le lendemain théoriquement consacré à la découverte en famille. Des nuages sombres et bas à perte de vue, et la magnifique montagne disparaissant complètement dans le gris, la brume et les gouttes. Aucune chance de la deviner, ni même de l’imaginer. Journée passée à regarder dehors, lire, écrire, préparer la suite, se prendre pour un local à faire quelques courses au supermarché pour un gouter de crêpes délicieuses et une bolognaise maison à faire baver tous les backpackers de la pièce commune ; un peu tristes et résignés en surface, mais heureux d’y être tout de même.

 

Nous partons pour Kyoto comme prévu, au matin de la seconde nuit, le temps de l’apercevoir une dernière fois dans un ciel hésitant. Pour l’approcher davantage, il faudra revenir, un jour, bientôt ; cela ne devrait pas être un problème…

 

 

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