Malacca - UNESCO te revoilà!

July 8, 2018

 

Après un petit-déjeuner typiquement malaisien (variante de l’œuf au bol de mamy accompagné d’une brioche toastée recouverte de confiture au caramel beurre salé – carrément divin pour le coup), nous sautons dans le bus afin de quitter une décevante Kuala Lumpur pour rejoindre la pittoresque cité de Malacca – récemment classée au Patrimoine Mondial de l’UNESCO (ce qui n’est pas souvent une garantie de quoi que ce soit, on commence à le savoir…).

 

Nous saluons notre chauffeur en « bombers » – qui préparait probablement les prochains essais du grand prix de Malaisie – et, tout heureux d’être encore en vie, nous prenons la direction du centre-ville ; pour la seconde fois en autant d’expériences malaisiennes, nous ne sommes pas loin de nous dire que le chemin pour y aller est bien moche. C’est impressionnant comme les abords des villes sont laissés pour ce qu’ils sont, sales, presqu’abandonnés, comme s’il n’y avait plus rien à en tirer : un peu comme des quartiers jetables qui une fois usés resteront là à décrépir dans l’indifférence la plus totale. Quasiment jusqu’à arriver à la porte de notre hôtel, je me suis martelé un petit « pourvu qu’on ne s’arrête pas ici, pourvu qu’on ne s’arrête pas ici » tellement la ville me semblait triste.

 

Et de prime abord, la rue de notre hôtel ne vaut guère mieux ; entre les bâtiments en construction mais abandonnés, les « trottoirs » éventrés pour des hypothétiques travaux qui n’ont plus l’air d’avancer et les façades défraîchies battues par les embruns et la chaleur étouffante, l’ancienne maison coloniale dans laquelle nous nous apprêtons à entrer fait figure d’exception, de magnifique exception ! Ce n’est d’ailleurs pas la minuscule piscine « surprise » sur le toit qui nous fera dire le contraire. Les filles sont ravies… tout comme nous… C’est vrai que depuis notre arrivée en Malaisie, on a un peu de mal à s’adapter à la chaleur moite de l’été tropical.

 

Après une première baignade roborative, nos corps et nos esprits ont laissé déjà loin derrière eux les déconvenues de la capitale et sont à nouveau réceptifs, prêts pour de nouvelles aventures … hautes en couleurs comme celles des berges de la rivière traversant tout Malacca et nous permettant d’errer, à la lumière du soleil déclinant, depuis notre hôtel jusqu’à l’église catholique, centre névralgique et touristique de la ville, tout en admirant les fresques peintes sur la plupart des façades. Woaw !!! Ici c’est reposant, c’est joli, c’est hors du temps. Ça en est même presque hors cadre car on n’est nulle part d’autre qu’à Malacca, on ne se sent pas en Asie, voire même presque pas en Malaisie (bien qu’on n’en connaisse encore pas grand-chose). Ça ne ressemble à rien d’autre, et c’est très beau.

 

 Puis nous y arrivons, sur cette place centrale, celle que nous avons sans doute déjà tous admiré au moins une fois en photo sur un dépliant ou un guide de la Malaisie, elle aussi magnifique sous son rouge éclatant frappé d’une lumière chaude d’un soleil couchant…

 

Malheureusement, elle nous ramène directement et sans transition en plein cœur du tourisme asiatique et de tout ce qu’il a de moins joli à nous offrir ! L’attrait de la manne à Ringgits que représente la nomination au patrimoine de l’UNESCO (le lecteur averti finira par comprendre que nous sommes devenus plus que critique sur le sujet) a eu sans aucun doute raison de la quiétude des lieux. Pour faire une jolie photo digne de celles qu’on peut facilement trouver sur Google lors des préparatifs au voyage, il faudrait se lever à 4h30 : c’est-à-dire avant que ne viennent s’installer les batteries complètes de poulettes hurlantes en plastique et tous les autres jouets-souvenirs « Made In China » des marchands ambulants. Ou encore avant que ne viennent s’installer, sur le parvis de l’église, l’armée de trishaws électro-pops bariolés, ces tuktuks locaux qui rivalisent tous en termes de couleurs criardes, en nombres de peluches ornementales et surtout en niveau de décibels ! Ces véritables pièges à parents puisqu’après avoir arbitré le match serré-serré entre Pikachu, Hello Kitty, SpiderMan et Baby Shark pour le choix final de la monture, après avoir âprement négocié (hum hum…) le prix final de la balade, il faudra s’entasser à 3 (papa ayant préféré prendre la fuite pour s’offrir une bière le long de la rivière) sur le siège passagers et subir LA chanson officielle de la star choisie pour finir par s’en extirper, 3 minutes plus tard, sourd comme un pot !

 

Fort heureusement, les jolies et paisibles terrasses longeant la rivière auxquelles on pourrait rester des heures entières à ne rien faire ne sont pas loin et une petite ginger-beer maison plus tard, on pourrait déjà presque ne plus penser à ces engins de malheur… On POURRAIT si les filles n’avaient pas adopter la lancinante (et très locale) « Baby Shark Song » comme chanson préférée. Aaaarrrggghhhh ! 

 

 

Encore une fois, à Malacca, on se dit que l’UNESCO pourrait faire mieux que simplement attribuer des titres… Si le centre-ville est protégé, il ne l’est malheureusement pas de tout puisque, à l’image de Lijiang en Chine, la plupart des jolies façades et rez coloniaux ont fait place à des commerces de breloques et autres babioles standardisées en passant par les faux Legos plus vrais que nature pour le plus grand plaisir du touriste… chinois ! Et cette « protection » doit finalement être toute relative puisqu’il semble que les Hard Rock Café et autre H&M bénéficient d’une certaine « immunité » en matière urbanistique…

 

On réalise aussi assez rapidement que le centre-ville de Malacca se résume finalement plutôt à un hyper-centre très limité, puisqu’à peine à deux pas de là poussent comme des champignons vénéneux d’horribles buildings mêlant hôtels, centre commerciaux ou centres de loisirs, ne laissant plus la moindre chance de survie touristique aux quartiers traditionnelles ou aux jolis ponts sur la rivière, dont le malheur unique est d’être un peu trop excentrés...

 

Si Malacca peut se visiter facilement en une journée au départ de Kuala Lumpur, nous avions décidé d’y rester 3 nuits afin de ralentir le rythme afin d’éviter un retour en Belgique sur les genoux à la fin du mois. Et finalement, malgré tout, on a plutôt bien fait ! Le dernier soir, début de weekend, nous a permis de tout oublier et de retrouver encore une fois l’Asie du Sud-Est que l’on adore, celle des marchés de nuit aux mille parfums où il est possible de se gaver à prix ridicule, en picorant d’un stand à l’autre au gré de nos envies : de la brochette terriyaki aux lards grillés au barbecue en passant par des pots de maïs au beurre (ou des pots de beurre au maïs en fait…) dont les filles raffolent !

 

Le lendemain, nous étions fin prêts ; prêts à passer en mode « vacances – j’oublie tout » (surtout le fait que le retour se rapproche à grands pas) ; prêts à filer à toute allure vers Mersing, notre ville-étape, point de départ pour rallier Pulau Tioman, jolie petite île en Mer de Chine Méridionale où nous avons juste prévu de… ne faire du tout, et ce pour la première fois depuis des mois !

 

 

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